Lot n° 60
MARDRUS (Joseph-Charles)
Le livre des Mille Nuits et Une Nuit. Traduction littérale et complète du texte arabe. Paris, Éditions de la Revue Blanche, 1899-1904.
16 volumes in-8 (22 x 14 cm), demi-maroquin orangé à coins, dos lisse très finement orné d'un décor orientalisant composé de filets arabesques dorés et à froid et de fleurons mosaïqués, filet doré, tête dorée, couvertures et dos conservés (Semet et Plumelle).
Édition originale dont seuls cent exemplaires de luxe ont été tirés à part, à savoir 25 exemplaires sur japon impérial et 75 sur hollande. (Chauvin iv-276.)
L’ensemble de l'ouvrage est dédié à la mémoire de Stéphane Mallarmé (avec des dédicaces propres à chaque volume à d'autres personnalités contemporaines de l'auteur).
Vol. I. xxiii pp. (faux-titre, titre, dédicace à Stéphane Mallarmé, note des éditeurs, mot du traducteur à ses amis), [1] f. dédicace à Paul Valéry, [1] second faux-titre, 351 pp. (dont invocation liminaire). N°27 des 75 exemplaires sur hollande.
Vol. II. 370 pp. (dont dédicace Au très admirable Monsieur Bergeret, à travers Anatole France). Ex. non numéroté sur hollande.
Vol. III. [2] ff. 315 pp. (dont dédicace Au poète José-Maria de Heredia, père des trois poètes), [2] ff. Ex. non numéroté sur hollande.
Vol. IV. 335-[1] pp. (dont dédicace A mon ami André Gide). Ex. non numéroté sur hollande.
Vol. V. 297 pp. (dont dédicace à son épouse Lucie Delarue "mon amie"), [3] ff. Ex. non numéroté sur hollande.
Vol. VI. 304 pp. (dont dédicace Au très sage et au très cher Maurice Maeterlinck), [1] p. Ex. n°80 des 75 sur hollande.
Vol. VII. 276 pp. (don dédicace A notre Henri Régnier). Ex. non numéroté sur hollande.
Vol. VIII. 349 pp. (dont dédicace "Que mon ami Pierre Louÿs, délicieux traducteur de Chansons…"), [3] ff. Ex. non numéroté sur hollande.
Vol. IX. 332 pp. (dont dédicace "que ce livre, ennemi des pédants aux pieds plombés, soit un hommage délicat au professeur Hartwig Derenbourg [...]"), [2] ff. Ex. non numéroté sur hollande.
Vol. X. 321 pp. (dont dédicace Au Docteur Lucien de Beurmann), [3] ff. Ex. non numéroté sur hollande.
Vol. XI. 346 pp. (dont dédicace A Pierre de Nolhac, "sultan de Versailles, poète et savant, ce Salam choisi de la reine Schahrazade et de son ami"), [1] p. Ex. non numéroté sur hollande.
Vol XII. 320 pp. (dont dédicace "Aum ! Quand la résurrection du Sanscrit est si notoire de par le fait magicien du brahme Sylvain Lévy [...]"), [2] ff. Ex. non numéroté sur hollande.
Vol XIII. 328 pp. (dont dédicace "A Rémy Gourmont qui nous console des ruminants"), [2] ff. Ex. non numéroté sur hollande.
Vol. XIV : 334 pp. (dont dédicace à "Sidi Ben Montesquiou[...]"), [1] f. Ex. non numéroté sur hollande.
Vol. XV. 332 pp. (dont dédicace "Au grand cheikh du Savoir et des Grimoires, mon ami Marcel Schwob [...]") Ex. non numéroté sur hollande.
Vol. XVI. 290 pp. (dont dédicace "A l’ami charmant et silencieux, à l’homme et à l’artiste parfaits, notre cher Félix Fénéon"), [1] f. Ex. non numéroté sur hollande.
Léautaud note dans son Journal que « Valéry avait fait de nombreuses démarches au Mercure pour y faire éditer sa traduction des Mille et une Nuits. Il n’y eut aucun succès » Journal tome 3 p. 1712.
Le docteur Mardrus dit avoir exécuté cette traduction "sur l’édition égyptienne de Bulaq qui [lui] parut la plus riche en expressions de pur terroir arabe". "Le lecteur y trouvera le mot à mot pur, inflexible. Le texte arabe a simplement changé de caractères : ici il est en caractères français, voilà tout" (note des éditeurs).
En réalité, la version des Mille et Une Nuits publiée par Joseph-Charles Mardrus relève davantage de la réécriture que de la traduction au sens strict. S’appuyant librement sur diverses sources orientales (plusieurs traditions, arabes et parfois persanes ou turques), Mardrus privilégie une fidélité à l’« esprit » du recueil plutôt qu’au texte, multipliant les amplifications narratives, les descriptions luxuriantes et les effets stylistiques. Il accentue volontairement les dimensions poétique, érotique et merveilleuse des contes, souvent atténuées par ses prédécesseurs. L’Orient y apparaît moins comme une réalité historique que comme un espace imaginaire, sensuel, cruel et merveilleux. Œuvre marquée par l’esthétique symboliste et l’orientalisme fin-de-siècle, cette version, très éloignée des exigences philologiques, a néanmoins exercé une influence durable sur la réception littéraire moderne des Mille et Une Nuits en France et a été encensée par certains écrivains contemporains comme Gide ou Apollinaire.
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