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  • Lot n° 61 Henry AUGUSTE (1759-1816) Projet de pot à oille pour le service du Grand Vermeil (1804). Pierre noire, crayon, encre brune et aquarelle sur papier, signé en bas à droite “H. Auguste inv. Pixit”, portant le cachet au tampon rouge de la collection Jean-Baptiste Claude Odiot (1763-1850), numéro d’inventaire 489 ; légendé sur le passe-partout “Pot à oille ou Soupière”. Au verso, l’inscription manuscrite “à l’empereur donné par la Ville”. Dans un cadre en bois doré à décor de fines frises de perles et feuilles d’eau. H. 36 x L. 26,5 cm (à vue). H. 47,5 x L. 38,3 cm (cadre). Provenance - Collection Henry AUGUSTE (1759-1816). - Collection Jean-Baptiste Claude ODIOT (1763-1850), n° 489, à partir de 1806. - Vente Christie’s ,New York, Old Master Drawings, 10 janvier 1996, lot 264. - Collection particulière (États-Unis). Expositions - Exposition universelle internationale de 1900, Paris (Classe 94, orfèvrerie). - “Odiot Maître-Orfèvre du XIXème siècle”, Hôtel George V, Paris, 1975, n° 50. Historique Fils de Robert-Joseph Auguste, orfèvre du roi depuis 1777 et ayant épousé une descendante des Coustou, Henry Auguste reprend la maison paternelle en 1785, et s’attache très tôt à fournir en ouvrages importants, les princes de la famille royale, en particulier le Dauphin, les comtes de Provence et d’Artois, frères du Roi, ainsi que les grandes familles des Cours européennes. Ses premières créations dévoilent un goût très sûr et une grande élégance néoclassique, annonçant déjà le style Empire. Partisan des idées nouvelles sous la Révolution Française, il surmonte la chute des commandes et la crise économique, en faisant partie de plusieurs commissions révolutionnaires ; il est chargé d’estimer les effets précieux confisqués aux émigrés, s’engage dans la prise des joyaux de la Sainte-Chapelle et de la châsse de Sainte-Geneviève. Pour combler la chute des commandes d’orfèvrerie sous la Révolution, il s’intéresse à la frappe de médailles et à de nouveaux procédés d’alliage des métaux, compétences qu’il met à profit notamment sous le Consulat avec la médaille commémorative de la bataille de Marengo. Au début du Consulat, l’exposition des produits de l’industrie française de l’an X est l’occasion de montrer ses talents et son savoir-faire, en concurrence avec Thomire, Odiot père et Biennais ; le jury distingue chez Auguste la beauté, le caractère des formes et surtout la perfection de la ciselure des ornements et des figures qui les décorent. Plus tard sous l’Empire, il triomphe à nouveau lors de l’exposition de 1806, avec un « nouveau procédé de rétreinte et d’estampage qui permettait d’économiser sur le moulage, la ciselure et le poids de la matière ». Le rapport du ministre Champagny rappelle à l’Empereur combien l’orfèvre est un artiste distingué, joignant à une imagination vive et féconde, beaucoup de goût dans l’exécution des dessins qu’il imagine, ajoutant qu’il offre une orfèvrerie « propre à fixer les regards de l’étranger » ! Le projet très ambitieux du Grand Vermeil En 1804, l’année du Sacre donne lieu à de nombreuses et fastueuses commandes dont Auguste est un des principaux bénéficiaires. C’est à l’initiative de Nicolas Frochot (1761-1828), ancien député de la Côte d’Or et préfet de la Seine depuis le début du Consulat, que l’on doit la création du Grand Vermeil. Il fait alors appel au grand orfèvre Henry Auguste avec qui il avait déjà envisagé de collaborer pour la frappe de médailles au nom de la municipalité de Paris. Véritable tour de force, l’orfèvre exécute la prestigieuse commande en seulement deux mois : la commission chargée de surveiller la qualité des travaux et leur avancement, note le 26 Vendémiaire (18 octobre) que plus de 150 ouvriers travaillent dans les ateliers ; le 24 Brumaire (15 novembre), Frochot lui-même constate que la plupart des pièces sont prêtes à la dorure ; et l’ensemble sera livré le 15 décembre à l’Hôtel de Ville, la veille de la fête donnée aux souverains. Selon le Moniteur du 28 Frimaire (19 décembre), le service et la toilette avaient été placés dans un cabinet particulier et les nefs présentés à Napoléon et Joséphine juste avant le banquet. L’Empereur accepta alors que toute cette orfèvrerie soit montrée au public sous forme d’exposition temporaire à l’Hôtel de Ville ; les critiques furent unanimes pour louer le remarquable ouvrage de l’orfèvre. La redécouverte de plusieurs dessins signés par Henri Auguste de la même période permet de mieux comprendre son rôle dans l’élaboration du service. Sur les 1067 pièces que comptait le service, seules 24 nous sont parvenues, parmi lesquelles les deux pots à oille. Conservés aujourd’hui au château de Fontainebleau, ils permettent de comparer le projet de l’artiste avec la réalisation définitive. Les variantes que l’on peut observer entre le dessin et les deux modèles aboutis de pot à oille indiquent le parcours suivi par Auguste et les contraintes techniques qui ont accompagné la confection du service. Il semblerait que l’orfèvre n’ait pas pu réaliser le projet initialement voulu tel que figurant sur notre dessin, vraisemblablement faute de temps et de coût. Auguste a dû en effet confectionner en un laps de temps très restreint l’œuvre colossale qu’est le Grand Vermeil : nous savons aujourd’hui qu’il a puisé dans ses anciens modèles et stocks existants. De ce fait, les pots à oille pour le grand vermeil, qui s’intègrent parfaitement dans l’ensemble du service, portent des poinçons des années 1789-1791 (ill. 1). Un modèle presque identique a été livré au Prince Vladimir Golitzin vers 1789-1790 : l’orfèvre en a simplement modifié la frise et intégré l’emblématique impériale. Notre dessin révèle l’ambition première d’Auguste d’un projet très audacieux par son faste et un programme iconographique complexe. Il réalise une synthèse entre l’art de la fin du XVIIIème siècle dans lequel il s’est épanoui en tant qu’orfèvre du Roi et le style Empire qui s’établit avec le nouveau régime. Chaque partie de l’objet est décorée, jusqu’à son support sur lequel est déroulée une frise de lions flanquant l’insigne impérial. Un décor de feuilles d’acanthe recouvre le reste du pot jusqu’à la frise principale. Celle-ci se compose de victoires ailées qui encadrent des médaillons. Dans chacun d’entre eux, apparaît une allégorie figurant des scènes guerrières antiques. Au centre le triomphe de Napoléon, métaphore du couronnement, accompagné de l’inscription “NAPO EMP” illustre la consécration historique du nouveau souverain. Le répertoire formel utilisé dénote un retour marqué à l’antique dans la mouvance néo-classique. Un cachet de collection nous indique que le dessin appartenait à l’orfèvre Jean-Baptiste Claude Odiot (1763-1850). Ce dernier, contemporain d’Auguste, en est le « rival heureux ». Il gagne d’ailleurs conjointement une médaille d’or à l’Exposition des produits de l’industrie de l’an IX (1802) avec celui que tout le monde appelle alors « Monsieur Auguste ». Dans le rapport de l’exposition, il est écrit “Ces deux artistes, Auguste et Odiot, ont excité également l’attention du Jury. Le Jury ne peut se décider à faire un choix entre eux et leur décerne en commun une médaille d’or.” Mais si Auguste est retenu pour le projet du Grand Vermeil, il ne peut achever son ouvrage en raison de sa faillite en 1806. Odiot rachète alors son fonds, comprenant son matériel, ses modèles et ses dessins. C’est très certainement ainsi que notre dessin a intégré la collection de la prestigieuse maison d’orfèvrerie. L’œuvre est par la suite présentée lors de l’exposition universelle de 1900 dans le musée centennal. En effet, dans son ouvrage L’orfèvrerie française au XVIIIe et XIXe siècle d’après les documents réunis au musée centennal de 1900, Henri Bouilhet indique que des dessins d’Auguste provenant des archives Odiot y sont exposés. Il reproduit ensuite dans une planche des dessins originaux d’Auguste parmi lesquels figure notre soupière, aux côtés du seau à glace, de la jardinière et de l’huilier (ill. 1). Le dessin sera de nouveau présenté lors de l’exposition Odiot Maître-Orfèvre du XIXe siècle à Hôtel George V à Paris en octobre 1975. À cette occasion un autre dessin préparatoire au Grand Vermeil (projet pour la nef de l’empereur) est exposé. Plusieurs institutions conservent des dessins d’Auguste comme le Musée des Arts décoratifs et le Metropolitan Museum mais aucune de leurs œuvres ne semble être rattachée au Grand Vermeil à l’exception du projet de Nef précédemment évoqué. Notre dessin s’avère donc fondamental, à la fois document d’archive, document historique et première esquisse d’un artiste-orfèvre, il concentre plusieurs fonctions et constitue un remarquable vestige du raffinement des arts du Premier Empire. Œuvres en rapport - Henry AUGUSTE. 1759-1816. Pot à oille du service du Grand Vermeil de Napoléon Ier, 1789-1791 et 1804, vermeil, 51 x 53,4 cm, Fontainebleau, Musée national du château (inv. GMLC-327-005) (ill. 2). - Henry AUGUSTE. 1759-1816. Pot à oille du service du Grand Vermeil de Napoléon Ier,1789-1791 et 1804, Vermeil - 51 x 53,4 cm, Fontainebleau, Musée national du château (inv. GMLC-327-017). - Henry AUGUSTE. 1759-1816. Pot à oille aux armes du Prince Vladimir Golitzin, 1789-1790, ancienne collection Puiforcat. Littérature - BOUILHET Henri, L’orfèvrerie française au XVIIIe et XIXe siècle d’après les documents réunis au musée centennal de 1900, H Laurens, Paris, 1910, p. 47. - HELFT Jacques, Les grands orfèvres de Louis XIII à Charles X, Collection connaissance des arts grands artisans d’autrefois, Librairie Hachette, 1963. - MYERS MARY L., French architectural and ornament drawings of the eighteenth century, Metropolitan Museum of Art, New York, 1991. - Revue de la bijouterie, joaillerie, orfèvrerie : publication mensuelle illustrée, 1er septembre 1903, p. 165 et suivantes.

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